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Débat présidentiel : avantage Clinton

Marine Quideau 29 septembre 2016
Crédits D.Goldman - AP
29Sep
Lundi 26 septembre, Hillary Clinton et Donald Trump se sont affrontés lors du premier débat dans la course à la Maison-Blanche organisé au sein de l’Université Hofstra de Hempstead, dans l’État de New York. L’occasion pour Timeliner de vous offrir une nouvelle séance de fact-checking.

CHANGEMENT CLIMATIQUE ET ENERGIE

Au sujet du changement climatique, Hillary Clinton lance que Donald Trump pense que « le réchauffement climatique est un canular perpétré par les Chinois », ce dont se défend rapidement le Républicain. Or, en 2012, Trump avait twitté que « le concept de réchauffement climatique avait été inventé par les Chinois » afin de nuire à la compétitivité des entreprises américaines.

Toujours en matière d’énergie, Donald Trump déclare que les politiques énergétiques des États-Unis sont un véritable « désastre ». Faux car les productions de gaz et de pétrole américaines n’ont pas cessé de croître sous les mandats de Barack Obama. Les États-Unis sont même les plus gros producteurs de gaz naturel au monde depuis 2011 et se classent parmi les plus importants producteurs pétroliers depuis 2013.

POLITIQUE ETRANGERE ET SECURITE NATIONALE

Hillary Clinton accuse fermement la Russie d’avoir conduit des cyber-attaques contre plusieurs institutions américaines (le Comité National Démocrate ou encore le Département d’État et la Maison-Blanche). Or, aucune enquête n’a officiellement démontré la culpabilité de Moscou. Et Donald Trump, en fervent admirateur et proche de Vladimir Poutine, de s’empresser de rappeler que « ça pourrait être la Russie, certes, mais ça pourrait aussi être la Chine ».

Lorsque la Démocrate l’accuse d’avoir soutenu la guerre en Irak, le milliardaire déclare le contraire en arguant que « les registres montrent qu’ [il dit] la vérité ». Dommage car en 2002, lors d’une interview avec le sulfureux Howard Stern, Trump a bel et bien déclaré qu’il était en faveur de l’intervention militaire. Il lui faudra près de 2 ans après le déclenchement des opérations pour finalement déclarer son opposition.

ECONOMIE ET IMPOTS

Donald Trump avance que de nombreuses industries quittent les États-Unis pour s’implanter à l’étranger, notamment au Mexique, afin de bénéficier de conditions fiscales plus avantageuses, au détriment de l’emploi américain. Il prend notamment l’exemple de Ford qui a annoncé sa récente implantation de l’autre côté du Rio Grande. « Avec le départ de Ford, ce sont des milliers d’emplois perdus pour le Michigan et l’Ohio ». Faux car le PDG de l’entreprise automobile a déclaré qu’aucun emploi américain n’était menacé par cette décision. De plus, en 2015, plus de 78.000 emplois ont été créés en Ohio, près de 76.000 dans le Michigan, deux États qui affichent aujourd’hui des taux de chômage en-dessous de la moyenne nationale (respectivement 4.7% et 4.9%).

Lorsque le Républicain l’attaque sur son soutien puis sa défection à la signature du Traité Trans-Pacifique (TTP), Hillary Clinton tente quelque peu de réécrire l’histoire. En effet, en 2012, elle déclarait que cet accord était « l’étalon-or de tous les traités de libre-échange, qu’il permettrait de couvrir 40% des transactions commerciales mondiales et qu’il protégerait travailleurs et environnement ». Mais en 2015, elle retourne sa veste et déclare que malgré tous les efforts du Président Obama et de son équipe pour ficeler ce traité, elle ne croit pas en son bien-fondé. À sa décharge, et comme elle l’a expliqué lors du débat, la candidate n’était finalement pas d’accord avec la dernière mouture du traité.

Donald Trump se voit en sauveur de l’Amérique grâce à ses talents d’homme d’affaires. Mais Clinton a rappelé devant des millions de téléspectateurs qu’il avait conduit six de ses entreprises à la faillite. Et Trump de corriger : « Non, quatre ». Après vérification, Trump a bien déclaré six faillites : quatre en deux ans dans les années 1990, puis une en 2004 et enfin une dernière en 2009.

« Mon plan de réduction d’impôts est le plus important depuis Ronald Reagan. J’en suis très fier ». Certes, mais selon Hillary Clinton et la Tax Foundation, ce plan profiterait surtout au 1% les plus riches et alourdirait la dette fédérale de 4.4 milliards de dollars. En effet, le plan proposé par Trump accorderait une réduction d’impôts de 18% aux plus aisés, tandis que la grande majorité des Américains devrait se partager 16% des allègements fiscaux, et près de 8 millions de foyers de la classe moyenne verraient leurs impôts augmenter.

SOCIETE AMERICAINE

« Voici un homme qui a déclaré que la grossesse était un inconvénient pour les employeurs » lance la candidate Clinton au cours du débat. Une allégation que Trump s’empresse de nier. Mais c’est pourtant vrai. En 2004, dans une interview à la chaîne NBC, The Donald déclame sans vergogne que « la grossesse est quelque chose de merveilleux pour une femme et pour son mari. Mais c’est sans aucun doute un inconvénient pour une entreprise ».

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