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Clinton accusée de meurtre

Marine Quideau 5 juillet 2016
Fact checking
05Juil
Quand l’avocat de Donald Trump accuse Hillary Clinton de meurtre, Timeliner saute sur l’occasion pour vous offrir un nouveau décryptage.

Le 28 juin dernier, Michael Cohen, avocat et proche conseiller de Donald Trump, s’en prenait violemment à Hillary Clinton, l’accusant d’incompétence, de trahison….et de meurtre !

C’est sur le réseau social Twitter que Michael Cohen, également vice-président exécutif de la Trump Organization, aurait publié cette photo de la candidate démocrate, assortie du texte suivant : « Le Département d’État a perdu 6 milliards de dollars lorsque j’étais la Secrétaire…j’ai vendu de l’uranium à la Russie via ma fondation-écran…j’ai illégalement fait disparaître des données publiques…et j’ai tué un ambassadeur. Élisez-moi ! ». Mais la violence du texte n’est pas une garantie de véracité.

6 milliards de dollars perdus…

Ce n’est pas tout à fait ça. Dans un rapport de l’inspecteur général du Département d’État, paru en mars 2014, il est fait état de l’incapacité de l’institution à justifier 6 milliards de dollars de contrats. Selon le rapport, cela serait le résultat d’un « manque de contrôle » de la part du Département d’État. Ces contrats, dont il semble impossible de retrouver la trace, auraient été signés entre 2008 et 2014, Hillary Clinton ayant occupé le poste de Secrétaire d’État de 2009 à 2013.

Pour bien comprendre, il ne s’agit ni de vol ni de « perte » de ces milliards de dollars. En fait, c’est un peu comme lorsque vous oubliez de demander une facture pour un déjeuner d’affaires. Cette facture n’existe pas mais vous n’avez pas pour autant volé cet argent.

La vente d’uranium et pots-de-vin

Là encore, l’équipe de Trump a procédé à quelques raccourcis. En 2010, Rosatom, l’agence russe de l’énergie atomique, prend le contrôle d’Uranium One, une société canadienne possédant des parts dans les mines d’uranium américaine. Cette vente doit alors légalement obtenir l’aval du Département d’État, à la tête duquel on trouve Hillary Clinton. Notons d’ailleurs que le Département d’État est l’une des 9 agences gouvernementales à devoir donner son feu vert pour une telle transaction…

Selon les détracteurs de la candidate, des millions de dollars auraient été versés au profit de la Fondation Clinton au moment de cette vente. Cet argent a bel et bien été versé par plusieurs individus concernés par la vente d’Uranium One…mais des années auparavant, à titre individuel.

L’e-mailgate

L’effacement de données publiques auquel fait référence Michael Cohen est bien évidemment lié à l’affaire des mails qui entache la candidature de Clinton. La candidate aurait utilisé sa boîte mail perso pour envoyer et recevoir près de 62.000 courriels lorsqu’elle occupait le poste de Secrétaire d’État. Depuis que cette pratique a été révélée au grand jour, en mars 2015, Clinton aurait depuis restitué près de 30.000 mails qu’elle a considérés comme professionnels. Pour les plus de 32.000 courriers électroniques restants, considérés alors comme personnels, Hillary Clinton aurait simplement pressé la touche « delete ». L’enquête, toujours en cours, doit déterminer si la sécurité nationale a été mise en danger par l’envoi et la réception éventuels de courriels classifiés.

Meurtre en haut-lieu…

Michael Cohen fait ici référence à l’attaque de Benghazi, pour laquelle Hillary Clinton, alors Secrétaire d’État, a été mise en cause. En septembre 2012, en plein contexte de guerre civile en Libye, des militants islamistes font irruption dans l’Ambassade américaine de Benghazi et tuent, entre autres, l’ambassadeur J.Christopher Stevens. Quelques heures plus tard, un autre site de la ville est attaqué, causant la mort de deux membres de la CIA.

La Secrétaire d’État est alors immédiatement mise en cause pour des manquements à la sécurité dans cette zone du monde.  Un rapport, publié deux mois après les événements, stipule que la diplomatie américaine (  avec à sa tête Hillary Clinton) aurait négligé de renforcer la sécurité malgré les alertes et la multiplication des attaques contre des organisations étrangères.

L’an dernier, Clinton s’était présentée devant la Commission d’enquête du Congrès, assumant sa responsabilité dans ces attaques mais soulignant tout de même qu’elle n’avait pas personnellement rejeté les demandes de mesures de sécurité renforcées.

 

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