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Sanders out, et après ?

Aneline Mennella 14 juin 2016
Bernie Sanders - CREDIT PHOTO : Michael Vadon
14Juin

Les jeux sont faits, rien ne va plus pour Bernie Sanders. La semaine dernière, Hillary Clinton a remporté suffisamment de délégués pour décrocher la nomination de son parti. Pourtant, le Sénateur du Vermont ne semble pas vouloir s'avouer vaincu.

Avec les voix de 2203 délégués et le soutien de 577 super-délégués, la nomination d’Hillary Clinton apparaît mathématiquement inéluctable. Ajoutez à cela le soutien franc et massif du président Barack Obama, du vice-président Joe Biden et même du Sénateur de l’Oregon Jeff Merkley qui, jusqu’à la semaine dernière, était le seul sénateur à courir pour l’écurie Sanders.

Bernie Sanders - CREDIT PHOTO : Lynn FriedmanLe vent tourne pour le Sénateur du Vermont et, de toute évidence, ce dernier en a bel et bien pris conscience. Or, si la défaite de l’homme semble inévitable, celle de ses idées, en revanche, ne l’est pas. C’est du moins le combat que semble dorénavant mener Bernie Sanders. En témoigne l’évolution de son discours. Depuis une semaine, il est moins question de remporter la nomination démocrate que de battre Donald Trump en novembre prochain.

Le candidat passe mais les idées restent

Pas question toutefois de renier ses idées et ses combats. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’a pas encore suspendu sa campagne ni prêté allégeance à l’ancienne Secrétaire d’État. Son but maintenant est non seulement d’influencer la politique de la potentielle future présidente des États-Unis, mais aussi la feuille de route du Parti Démocrate. Deux sujets que le Sénateur du Vermont ne manquera pas d’aborder lors de son entrevue avec Clinton prévue ce mardi 14 juin. Un entretien ô combien décisif puisqu’il interviendra après la dernière primaire du Parti à Washington D.C.


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« Ce que je veux voir, c’est un engagement sur un impôt progressif, que Wall Street, les grandes entreprises et les milliardaires commencent à payer leur juste part d’impôts » déclarait Bernie Sanders lors d’une interview accordée à ABC News. Et ses ambitions ne s’arrêtent pas là, il espère aussi influencer la transformation du Parti Démocrate vers un parti plus populiste, au sens propre du terme, qui « représente les ouvriers et les jeunes et pas seulement les plus riches ». L’homme veut ainsi s’assurer « qu’il y a une feuille de route, la plus progressiste de l’histoire du Parti Démocrate, qui affiche sa volonté de mettre en place une assurance maladie pour tous, un enseignement supérieur gratuit et qui s’attaque au changement climatique ».

Idéaliste mais réaliste

Dimanche 12 juin, Bernie Sanders s’est entretenu avec une vingtaine de ses plus proches conseillers et supporters. Objectif : déterminer la suite à donner à sa campagne ainsi que la nature et les conditions de son engagement aux côtés d’Hillary Clinton. « Je ne pense pas qu’Hillary Clinton puisse mener une révolution politique, confiait-il à ABC News, mais je pense que si elle est intelligente, et elle l’est, elle comprendra [ce qu’est] une bonne politique publique. » Et d’ajouter « Ira-t-elle aussi loin que je l’aimerais ? Non. Mais je pense que des millions de personnes veulent comprendre et constater quels sont ses engagements pour s’attaquer aux véritables crises de ce pays ».

Bernie Sanders Rally - CREDIT PHOTO : Benjamin KerensaBernie Sanders a une véritable carte à jouer. Lui, ses plus de 10 millions d’électeurs et sa longue liste de donateurs ont de quoi infléchir la politique d’Hillary Clinton et du Parti dans son ensemble. Attention cependant à ne pas pousser le bouchon trop loin. Nombre d’observateurs craignent en effet que l’entêtement de Bernie Sanders ne nuise à l’élection finale. C’est ce que confiait Yannick Mireur, spécialiste des États-Unis, à BFMTV.com « L’écueil pour lui est de ne pas apparaître comme celui dont la persévérance aura contribué à la défaite de la candidate démocrate et à la victoire de Donald Trump, qui est une abomination pour les soutiens de Bernie Sanders. Il lui faudra en d’autres termes définir clairement où sont ses priorités. »

À commencer par le choix du ou de la vice-président(e). La rumeur place ainsi la Sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren, en pole position. Une figure de la gauche progressiste, qui vient d’accorder son soutien à Hillary Clinton et dont Sanders est « un grand admirateur ». Un choix qui pourrait s’avérer payant pour l’ancienne Secrétaire d’État puisque, selon un récent sondage, Elizabeth Warren recueillerait 67% d’opinions favorables auprès des pro-Sanders.

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