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Veni, vidi… perdidi

Aneline Mennella 17 mars 2016
les evinces
17Mar

Ils ne sont pas tous du même parti, ne défendent pas les mêmes idées mais ont tous un point commun : ils ont été évincés de la course à la présidentielle. Petit portrait des candidats malheureux de ces primaires.

Côté Démocrates

Martin O’Malley, l’homme de terrain

Charismatique, jeune et plutôt beau gosse, Martin O’Malley fut le dernier à entrer dans la course aux primaires démocrates… et le premier à en sortir. C’était au lendemain du caucus de Martin O'Malley à Des Moines (Iowa) - CREDIT PHOTO : Gage Skidmorel’Iowa, le 1er février, il n’avait alors récolté que 0,6% des voix. Un score misérable qui ne fait pas honneur à l’expérience du bonhomme. Plus à gauche qu’Hillary Clinton, mais moins que Bernie Sanders, il a notamment contribué à l’abolition de la peine de mort et la légalisation du mariage gay lorsqu’il était gouverneur du Maryland (2007-2015). Également maire de Baltimore (1999-2007), il a inspiré le personnage de Tommy Carcetti, dans l’incontournable série « The Wire ».


Côté Républicains

Marco Rubio, le chouchou

C’était lui que le GOP voulait voir gagner. Il faut dire qu’il avait tout pour plaire, à commencer par son CV. Élu à 28 ans à la chambre des représentants pour la Floride, il devient président de cette même chambre en 2008. Trois ans plus tard, il est intronisé Sénateur de le Floride.Marco Rubio à National Harbor (Maryland) - CREDIT PHOTO : Gage Skidmore Issu d’une famille modeste d’immigrés cubains, il est populaire auprès des jeunes et de la communauté hispanique, généralement acquise aux démocrates. Présenté comme plus modéré que ses rivaux, il n’en demeure pas moins pro armes à feu et farouchement opposé au mariage gay, à l’avortement (même en cas de viol ou d’inceste) et à la hausse des impôts pour les plus riches. Et pourtant, le 15 mars, il jette l’éponge, désavoué par son propre État, la Floride. Mais attention, il n’a pas vraiment abandonné la course, il l’a simplement « suspendue ». Une nuance de taille puisqu’ainsi il oblige ses délégués à lui rester fidèles jusqu’à la convention finale. A cette date, si aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue des délégués, il pourrait alors se représenter. Affaire à suivre donc !

Ben Carson, le bleu

Neurochirurgien retraité, Ben Carson a, pendant un temps, fait trembler ses concurrents. Mais ça, c’était au début. Avant qu’il ne se tire une balle dans le pied avec des déclarations plus qu’hasardeuses. Ben Carson dans le Maryland - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreNotamment lorsqu’il a suggéré que si les Juifs avaient eu des armes, ils auraient évité la Shoah. Ou encore quand il a estimé qu’un musulman ne devrait pas devenir président des États-Unis. Et pourtant, sa personnalité a séduit bon nombre d’Américains. Probablement grâce à ses 7 livres et à son autobiographie adaptée en téléfilm. Une notoriété qui lui a permis de remporter 8 délégués… mais aucun État. Depuis il a accordé son soutien, et donc celui de ses délégués, à Donald Trump.

Jeb Bush, l’héritier

Jeb Bush à Columbus (Ohio) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreIl était LE candidat de l’establishment. Fils de George et frère de George W., il avait obtenu le soutien du parti et de son porte-monnaie : pas moins de 100 millions de dollars. C’était sans compter son absence de charisme lors des débats. En cause également, son éloignement de la vie politique qu’il avait quittée en 2007 après deux mandats à la tête de l’État de la Floride. Enchaînant défaite sur défaite, c’est celle des primaires en Caroline du Sud qui lui assène le coup fatal. Avec 4 délégués en poche et la larme à l’œil, il jette l’éponge dès le 20 février au soir.

Rand Paul, l’opportuniste

« Aujourd’hui je vais m’arrêter là où j’ai commencé, prêt et déterminé à défendre la cause de la Liberté ». C’est ainsi que Rand Paul a annoncé son retrait de la primaire le 3 février. Rand Paul à National Harbor (Maryland) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreFils de Ron Paul, lui-même 3 fois candidat à la Maison Blanche, il marche dans les traces de son père. Comme papa, il fait médecine, se lance en politique, s’inscrit dans la mouvance libertarienne, reçoit le soutien du Tea Party, devient sénateur (du Kentucky). Mais c’est là que les choses se corsent. Pour tenter d’étendre sa base électorale, Randal décide d’aller chercher à la fois les conservateurs traditionalistes et les centristes. Un jeu de grand écart qui lui fait perdre l’équilibre et la course. Lui et son unique délégué tirent donc leur révérence.

Mike Huckabee, le revenant

Son succès et sa popularité avaient été fulgurants lors des primaires de 2008 (officiellement soutenu par Chuck Norris). Mike Huckabee à Des Moines (Iowa) - CREDIT PHOTO : Gage Skidmore 2Malheureusement pour lui, cela n’a pas été le cas en 2016. Ancien pasteur baptiste, créationniste, farouche opposant à l’immigration, à l’avortement et au mariage gay, Mike Huckabee appartient à la branche la plus conservatrice du Parti Républicain. Seulement voilà, cette année, l’insolent Ted Cruz et son ultra-conservatisme se sont invités à la fête, marchant sur ses plates-bandes et raflant au passage son électorat potentiel. Résultat : l’ancien gouverneur de l’Arkansas a raccroché ses crampons le 1er février, emmenant avec lui le seul délégué qu’il a remporté.

Carly Fiorina, la femme

C’est en parti sur son genre que Carly Fiorina a construit sa campagne. Selon elle, en tant que femme, elle était la candidate républicaine la plus à même de battre Hillary Clinton. Carly Fiorina à National Harbor (Maryland) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreUne femme de pouvoir qui plus est puisqu’elle a dirigé Hewlett-Packard de 1999 à 2005, avant de se faire limoger, empochant au passage une coquette indemnité de 42 millions de dollars. Féministe conservatrice, elle est farouchement opposée au droit à l’avortement et au planning familial. Son bagou lors des premiers débats avait suscité un bref engouement pour sa candidature. Insuffisant toutefois pour se maintenir. Elle abandonne la course le 10 février. Depuis, elle a apporté son soutien, et donc celui de son unique délégué, à Ted Cruz.

Chris Christie, le modéré

Le gouverneur du New Jersey avait tout pour plaire. Bien qu’opposé au contrôle des armes à feu, à l’avortement et au mariage gay, il défend un certain nombre d’idées progressistes Chris Christie à Des Moines (Iowa) - CREDIT PHOTO : Gage Skidmorequi lui valent d’être considéré comme un modéré. Il a ainsi farouchement combattu l’islamophobie, notamment suite aux attentats survenus en France et en Californie en décembre 2015. Dans son État, il a tenté de se rapprocher de la communauté musulmane américaine notamment en nommant des musulmans à différents postes de son administration. D’où la surprise et la déception de bon nombre de ses électeurs lorsqu’il a annoncé son soutien à Donald Trump.

Rick Santorum, le populiste

Rick Santorum à National Harbor (Maryland) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreL’Iowa l’avait rendu célèbre en 2012, il l’a mené à sa perte en 2016. Il y a 4 ans, il avait en effet ravi cet État à Mitt Romney avec 34 voix d’avance. Cette année, l’ancien gouverneur de Pennsylvanie est arrivé avant dernier avec 1% des votes. Ce n’est pas faute d’avoir essayé puisqu’en trois mois, ce père de 8 enfants a sillonné la totalité des comtés de l’Iowa et participé à 295 rencontres, un record ! Son discours en faveurs des ouvriers et des laissés-pour-compte du grand capital n’a semble-t-il pas convaincu. Aujourd’hui il est rallié à Marco Rubio.

Jim Gilmore, l’invisible

Jim Gilmore à Nashua (New Hampshire) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreBien triste campagne que celle de Jim Gilmore. Oublié des plateaux TV et des radios, il est resté inaudible, invisible voire anonyme tout le temps qu’a duré sa candidature. La faute à un manque patent d’organisation et de financement. C’est donc sans surprise qu’il s’est incliné le 12 février avec, en tout et pour tout, 145 bulletins à son actif.

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