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Triste campagne pour Hillary Clinton

Marine Quideau 22 mars 2016
Une Hillary
22Mar

Elle avait un boulevard à la Broadway devant elle. Un parcours politique solide, une base électorale acquise depuis les années 1990, le soutien de la puissante communauté afro-américaine. Et pourtant, Hillary Clinton semble patiner dans la choucroute des primaires démocrates.

Si en 2008, elle s’était vue barrer le chemin par un candidat plus jeune et plus porteur de changement, Hillary Clinton compte bien sur l’élection 2016 pour s’installer enfin dans le Bureau Ovale.

Au 1er février, ses seuls opposants dans le camp démocrate sont le sénateur septuagénaire du Vermont Bernard Sanders, inconnu au bataillon, et un obscur gouverneur du Maryland, Martin O’Malley. Clinton semble alors largement favorite pour remporter l’investiture du Parti et pourquoi pas l’élection.

Et pourtant, la campagne d’Hillary Clinton ne décolle pas. Certes, elle enchaîne quelques belles victoires aux primaires de son parti, remporte nombre de délégués et la promesse de soutien de la majorité des super-délégués. Mais la candidate semble bien seule dans son coin. Serait-elle en train de revivre son cauchemar de 2008 ?

Un manque de confiance…

Hillary ClintonPlusieurs raisons entravent l’ascension tant attendue de l’ancienne First Lady. Et la première n’est pas des moindres. Les électeurs ne l’aiment pas et n’ont pas confiance en elle. Hillary Clinton s’est notamment mis à dos une partie importante de son électorat de base, les femmes. En effet, quantité de ses soutiens féminins et féministes n’ont pas apprécié qu’elle reste aux côtés de son mari adultère dans les années 1990. D’autres scandales, comme celui du Whitewater (une sombre histoire d’investissements immobiliers), ont considérablement écorché les Clinton, au point qu’un récent sondage aux États-Unis révèle que 6 Américains sur 10 ne font pas confiance à Hillary Clinton pour diriger le pays.

…et d’honnêteté

Elle a trop souvent changé d’avis sur des sujets clés pour être honnête, se disent beaucoup d’Américains. Elle a, par exemple, voté 45 fois en faveur du Partenariat Trans-Pacifique de Barack Obama lorsqu’elle était Secrétaire d’État avant de s’opposer à ce texte dans son programme de campagne. Clinton a également retourné sa veste sur les sujets du mariage homosexuel ou encore du gaz de schiste.

L’envie de changement

Autre facteur qui pèse dans la balance Clinton, le ras-le-bol des dynasties à Washington. Les Clinton, à eux deux, occupent la scène politique depuis plus de 30 ans. Et Hillary semble avoir bien du mal à convaincre qu’elle a des idées neuves pour faire avancer le pays. Si Donald Trump a su se hisser aussi haut dans la course, c’est parce qu’il incarne une forme de changement, quoi qu’on en pense.

L’outsider qui fait de l’ombre

Et puis, il y a Bernie. Qui aurait imaginé qu’un Sénateur du Vermont, même pas encarté au Parti Démocrate, puisse venir voler la vedette à Hillary ? Les idées socialistes, voire révolutionnaires, du candidat attirent des partisans toujours plus nombreux, notamment les jeunes, car elles représentent cet espoir de changement et de revitalisation des États-Unis. Bernie Sanders incarne la simplicité, l’honnêteté et l’intégrité dans un pays en proie au doute face à ses valeurs et à l’establishment.

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