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Rubio, espoir déchu des Républicains ?

Marine Quideau 10 mars 2016
Marco Rubio - Crédits Gage Skidmore
10Mar
Il est le troisième homme de la course à l’investiture Républicaine. Mais derrière Donald Trump et Ted Cruz, Marco Rubio peut-il encore faire la différence ?

Dès les Primaires en Iowa début février, le jeune sénateur de Floride Marco Rubio s’impose comme un challenger républicain de taille face au puissant Donald Trump et à la créature du Tea Party, Ted Cruz. Celui que les médias appellent alors « The Republican Savior », le sauveur républicain, change immédiatement la dynamique de la course à l’investiture en incarnant un pont possible entre l’aile la plus conservatrice du Parti et les plus modérés. Même les cadres du Parti Républicain appellent à voter pour lui, demandant même aux Américains de sensibilité Démocrate et non-inscrits sur les listes électorales de s’inscrire sous la bannière Républicaine pour voter Rubio.

RUBIO OU LE REVE AMÉRICAIN

Les Américains découvrent Marco Rubio lors de son élection au Sénat de Floride en 2010. Fils d’immigrés cubains ayant fui le régime castriste, il publie, en 2012, son autobiographie, « Un Fils américain », dans laquelle il est persuadé d’incarner le rêve américain. En avril 2015, il annonce symboliquement sa candidature à l’investiture républicaine depuis la Freedom Tower de Miami, lieu d’arrivée de milliers de réfugiés cubains dans les années 1960.

Dès son entrée au Sénat de Floride, Marco Rubio est celui dont on dit qu’il pourrait un jour être le premier Président des États-Unis d’origine hispanique. Le Parti mise d’ailleurs sur lui pour se réconcilier avec la communauté hispanique, désormais acquise aux Démocrates.

UNE CONVENTION NÉGOCIÉE ?

Mais s’il semblait bien parti pour s’imposer face au géant Trump et au très conservateur Cruz, Marco Rubio est désormais à la traîne. Lorsque les divers caucus et primaires ont commencé, il était alors aisé pour Rubio de se faire une place parmi les onze candidats alors en course. Mais depuis qu’ils ne sont plus que quatre, il est devenu difficile pour le sénateur de poursuivre son ascension. Rubio a notamment été mis en échec par l’outsider John Kasich lors des Primaires du Michigan et du Mississipi.

Il ne reste plus que deux solutions au candidat Rubio. Élu très populaire en Floride, il peut encore espérer l’emporter dans son fief le 15 mars prochain. Un État plus qu’important puisque le vainqueur récoltera l’intégralité des 99 délégués. Mais ce n’est pas gagné pour Rubio qui n’a pas réussi à rallier les pontes républicains de Floride, le Gouverneur de l’État Rick Scott ayant déclaré qu’il ne soutiendrait aucun candidat avant la primaire.

 Marco Rubio - Photo Gage Skidmore

Enfin, le seul moyen qu’aurait encore Rubio d’accéder à l’investiture serait une convention négociée. Il pourrait alors additionner ses délégués à ceux d’un autre candidat perdant – probablement Ted Cruz – pour faire face à Donald Trump, largement favori. Mais là encore, ses chances sont minces car il disposerait sans aucun doute d’un nombre de délégués inférieur à celui du candidat avec lequel il s’allierait. Si un ticket devait alors être formé, Rubio ne pourrait prétendre qu’au poste de vice-président.

DES FINANCES MAL EN POINT

Et pour ne rien arranger, Marco Rubio voit fondre sa trésorerie comme neige au soleil. Face à un candidat multi-milliardaire comme Trump, pas facile de poursuivre une campagne efficace avec quelques 5 millions de dollars restants, selon le New York Times.

Aussi, ses principaux donateurs semblent rétropédaler et doutent de sa capacité à remporter l’investiture. Nombre d’entre eux se sont déjà retirés en n’ayant même pas attendu les primaires de Floride.

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