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Mais qui es-tu Bernie Sanders ?

Aneline Mennella 15 mars 2016
Bernie Sanders à Des Moines - CREDIT PHOTO : Phil Roeder
15Mar

Un socialiste et un milliardaire dans le carré final. Impensable il y a à peine quelques mois ! Si Donald Trump est une célébrité tant dans l'immobilier qu'à la télévision, Bernie Sanders était quant à lui inconnu au bataillon il y a encore un an. Retour sur le parcours d'un outsider pure souche.

Bernie Sanders à Phoenix (Arizona) - CREDIT PHOTO : Gage SkidmoreLe dos voûté, le cheveu désordonné et rare, la paupière tombante, Bernie Sanders n’a rien d’un jeune premier. Et pourtant, telle la tortue de La Fontaine, il a persévéré et ça a payé.

C’est à l’université de Chicago que, pour la première fois, il touche du doigt la politique. Il y intègre la Ligue des Jeunes Socialistes et milite contre la guerre du Viêt Nam et pour les droits civiques. Il organise des sit-in contre la ségrégation sur son campus, ce qui lui vaut d’ailleurs une arrestation en 1962. Une fois diplômé, il part d’installer dans le Vermont. C’est là que la machine va se mettre en marche.

Petit à petit l’oiseau fait son nid

En 1971, Bernie Sanders rejoint le Parti de l’Union de la Liberté. Dans la foulée, il brigue un poste de Sénateur (en 1972 et 1974) et un autre de gouverneur du Vermont (en 1972, 1976 et 1986). Peine perdue ! Alors, il revoit ses ambitions à la baisse et en 1981, il se présente aux élections municipales de Burlington en tant qu’indépendant. Et là, ô surprise, il l’emporte de 10 voix sur le maire sortant. Pendant ce mandat, et les trois qui suivront, Sanders étoffe sa popularité en apportant un nouveau souffle à la vie locale et notamment en redynamisant son centre-ville. Une politique qui lui vaudra de figurer parmi les meilleurs maires des État-Unis dans le U.S. News & World Report en 1987.

Bernie Sanders, Représentant du Vermont en1991 - CREDIT PHOTO : Congressional Pictorial DirectoryL’expérience et la notoriété acquise sur le terrain lui permettent de gravir un nouvel échelon, celui de la chambre des Représentants pour le Vermont. Pendant 16 ans à ce poste (1991-2007), il multiplie les amendements contre la guerre en Irak, pour un système de sécurité sociale universelle ou encore contre les délocalisations. Une démarche qui lui vaudra le surnom de « roi de l’amendement ».

Mais être roi, très peu pour lui, c’est Sénateur qu’il veut devenir. Dès l’annonce de sa candidature, les démocrates lui apportent leur soutien, et le sénateur Barack Obama himself lui rend visite pour l’aider dans sa campagne. Fidèle à ses idées, Sanders décline néanmoins l’investiture Démocrate et c’est en tant qu’indépendant qu’il remporte l’élection en 2007 et en 2012.

Démocrate mais socialiste avant tout

Et pourtant, pour se donner les moyens de ses ambitions, le sénateur du Vermont finit par rejoindre les rangs du Parti. C’était en avril 2015, un mois avant l’annonce de sa candidature aux primaires Démocrates pour l’élection présidentielle. Pas question toutefois d’abandonner ses convictions socialistes. « Je ne crois pas que les hommes et les femmes qui ont défendu la démocratie américaine se sont battus pour créer une situation où les milliardaires possèdent le processus politique. » a-t-il déclaré lors de l’annonce de sa candidature.

Bernie Sanders à Grand Prairie (Texas) le 27 février 2016 - CREDIT PHOTO : Steve RainwaterDepuis, Bernie Sanders multiplie les meetings où la foule se masse, de plus en plus nombreuse. Des sympathisants, majoritairement composés de jeunes blancs, séduits par son honnêteté et son authenticité. Ce sont eux qui, grâce à leurs micro-dons, ont permis au candidat de récolter près de 100 millions de dollars pour mener campagne. Cette démarche s’inscrit dans le programme anti-système et anti-lobbies du candidat qui n’a de cesse de dénoncer une démocratie américaine gangrenée par l’argent des « oligarques ». Il est surprenant, tout de même, de voir une telle émulation quand on sait que le « S-word » comme ils disent, le socialisme, est quasiment une insulte aux États-Unis.

Un défaite inéluctable ?

Pour autant, le combat est loin d’être gagné pour Bernie Sanders. S’il a infligé un dur revers à Hillary Clinton dans le Michigan où la candidate était donnée ultra-favorite, il n’en demeure pas moins très loin au classement général. Avec 9 États à son actif, il totalise 551 délégués contre 766 pour sa concurrente qui a remporté 12 États. Un écart rattrapable me direz-vous. Pas sûr quand on sait que la majorité des 712 supers-délégués – qui ne sont pas désignés lors de primaires et qui peuvent voter librement Feel the Bern - CREDIT : Carl Gloverlors de la convention Démocrates – est acquise à la cause Clinton.

Pas de quoi impressionner Sanders qui déclarait, héroïque, à la radio NPR la semaine dernière : « Restez à l’écoute. Je crois que nous allons aller plus loin et que nous avons toutes les chances d’arracher la plus grande surprise politique de l’histoire moderne de l’Amérique. Nous pouvons gagner ! ». Et finalement pourquoi pas ? Christopher Reeve, aka Superman, a bien dit : « Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de persévérer en dépit d’obstacles écrasants. »

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