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Le plan (presque) secret des Républicains contre Trump

Vincent Deroussent 22 mars 2016
DonaldJTrump
22Mar

Après avoir creusé l’écart lors du dernier Super Tuesday, Donald Trump est devenu un candidat gênant pour les Républicains. La riposte s’organise tant bien que mal dans les rangs du Parti jusque chez les donateurs. Retour sur la realpolitik de la dernière chance.

Un mariage forcé ? Trop peu pour l’establishment Républicain. Mitt Romney, candidat à la présidentielle contre Barack Obama en 2012, a pris la tête d’une campagne anti-Trump avant les Super Tuesday début mars en appelant clairement les électeurs à ne pas voter pour le magnat de l’immobilier. « Il prend les Américains pour des pigeons » lâche-t-il devant une assemblée d’étudiants de l’université de l’Utah – Hinckley Institute. Un autre Républicain qui a connu la course à la Maison-Blanche, John McCain, lit chez Trump « des déclarations dangereuses sur des questions de sécurité nationale ». Ces dernières semaines, les ténors républicains enchaînent les appels au boycott sans pour autant donner une préférence de vote. « C’est au peuple de choisir » rappelle Anntoinette Lorrain, secrétaire des Republicans Overseas France (ROF), association de représentation du Parti pour les expatriés. Elle l’avoue, c’est « une situation compliquée, du jamais vu ! Nous ne devons pas réagir trop tard comme lors de la candidature de Mitt Romney en 2012 ».

Bouclier doré anti-Trump

Campagne Anti-TrumpTrop tard pour contrer l’effet Trump ? Les donateurs s’activent depuis un mois, notamment par le biais de leur super PAC (Political Action Committee) mené par la famille Ricketts, propriétaire du club de Baseball Chicago Cubs et donateur historique du Parti Républicain. « Tous ces gens qui ont soutenu différents candidats (lors de la primaire républicaine), ils s’unissent aujourd’hui » annonce Brian Baker, conseiller politique de la famille. Selon le New York Times, Todd Ricketts a même organisé une téléconférence le 1er mars avec de nombreux financiers et financeurs du Parti dont la PDG de Hewlett-Packard, Meg Whitmann. Le bouclier doré anti-Trump s’est lancé sur plusieurs fronts à coups de publicités négatives pointant, entre autres, ses liens ambigus avec le Ku Klux Klan, ses anciennes positions libérales, ou encore son obsession contre les traités commerciaux avec le Mexique et la Chine.

« Tout le monde (…) est stupide, gros et moche »

De son côté Donald Trump n’a pas été tendre avec les Républicains, notamment lors des débats télévisée entre candidats : « Je suis un maniaque et tout le monde sur ce plateau est stupide, gros et moche ». Une bonne ambiance qui l’a ensuite amené à snober le débat diffusé sur Fox News le 28 janvier pour organiser, en même temps, son propre direct retransmis sur CNN. Il a de nouveau fait faux bon à la chaîne le 21 mars dernier conduisant Fox News à annuler le débat. Les coups médiatiques s’enchaînent et finissent par monopoliser toute l’attention des électeurs, au grand dam du RNC (Republicain National Comitee) comme le relève depuis la France Anntoinette Lorrain (ROF) : « Quand Trump s’est lancé, il pensait qu’il n’avait aucune chance. Aujourd’hui, nous sommes étonnés de la puissance de sa notoriété et c’est un problème car il ne partage pas les mêmes valeurs que le Republican National Comitee. Il pourrait y aller comme un troisième parti indépendant ».

Une partie d’échecs secrète

greenville_(1)_low_resÀ ce jour, le Grand Old Party (GOP) l’autre nom du RNC, rêve encore d’une convention négociée en juillet à Cleveland si Donald Trump n’obtenait pas les 1237 délégués nécessaires d’ici là.  Même menacé d’éviction, Donald Trump ne perd pas une occasion pour créer le buzz : « Je pense que vous auriez des émeutes, je représente un nombre énorme… des millions de gens ». Le GOP peut-il vraiment se débarrasser de Trump en juillet ? Pour Anntoinette Lorrain, « on ne peut pas attendre la convention. Il devrait y avoir des discussions en mai » . Une partie d’échecs secrète se prépare avec Ted Cruz, dans le rôle du fou du roi, refaisant des courbettes à l’establishment Républicain pour rallier sa cause. « Notre candidature est la seule (…) qui peut battre et qui va battre Donald Trump » dixit Ted Cruz. Mais pour le Sénateur de Caroline du Sud, Lyndsey Graham, entre Cruz et Trump, « cela revient à choisir entre un coup de feu et le poison ». En attendant le divorce arrangé au sein du Parti, les esclandres profitent à la timide campagne d’Hillary Clinton, « Pour Hillary, l’élection est donnée ! » nous confiait un proche du GOP.

Crédits photos : Joshua Lott & site web officiel Donald Trump
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