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Le Républicain qui murmurait à l’oreille des Démocrates

Marine Quideau 29 mars 2016
Crédits photos : www.kasichforohio.com
29Mar

Trois petits tours et puis s'en va, c'est que les experts avaient prédit à John Kasich. Raté, le candidat républicain est toujours dans la course et pourrait finalement peser sur les résultats. Loin derrière ses rivaux Trump et Cruz, le Gouverneur de l'Ohio persiste et signe. Alors, pourquoi tant d’acharnement ?

Qui aurait cru que John Kasich, parti pourtant loin derrière les favoris du Parti Républicain, serait toujours dans la course, certains de ses plus fervents rivaux, comme Marco Rubio, ayant même jeté l’éponge avant lui ? Toutefois, obtenir le nombre requis de délégués pour être investi (1237 pour la nomination républicaine) est désormais hors d’atteinte pour  John Kasich. Il ne pourra donc pas prétendre à l’investiture lors de la Convention de juillet prochain. Mais il peut tout de même encore peser dans la balance.

Un candidat confiant

Malgré les défaites, le candidat poursuit sa campagne et prévient même qu’il serait le seul à pouvoir remporter l’élection face à Hillary Clinton. Le 15 mars dernier, Kasich a nettement remporté les Primaires en Ohio, son État, avec 11 points d’avance sur Trump et 33 sur Cruz ! Il a ainsi raflé l’intégralité des 66 délégués de l’État, soit près de la moitié de l’ensemble de ses délégués en une seule fois !

Optimiste de nature et galvanisé par cette victoire sans appel, John Kasich l’affirme, « aucun candidat ne remportera les 1237 délégués », et il prédit même une convention mouvementée où rien ne sera joué d’avance.

Les atouts dans sa manche

John Kasich bénéficie en plus d’une aura plutôt positive. Il est considéré comme un candidat « responsable et anti-insultes », à l’inverse de ses deux rivaux Trump et Cruz, habitués des déclarations fumeuses et des attaques verbales sans vergogne. « Pendant cette campagne, je n’ai jamais essayé de participer à ces mêlées qu’on voit sur les podiums » a-t-il récemment déclaré lors d’un débat à Detroit, « la politique est devenue méchante et désespérée mais cela n’a pas à être ainsi », poursuivait-il.

Ce positivisme et ce refus d’insulter ses rivaux lui ont valu le soutien de grands média, comme le New York Times ou le Boston Globe, des poids lourds de la presse américaine, et ce malgré des prises de positions plutôt radicales sur l’homosexualité, l’avortement ou encore le rôle des syndicats. Il illustre même parfaitement le glissement vers la droite du Parti Républicain.

John Kasich utilise également son bilan comme Gouverneur de l’Ohio, rappelant à qui veut l’entendre qu’il y a « réduit les impôts, équilibré le budget, créé des emplois et rejeté l’Obamacare ».

Des sondages favorables, oui mais…

Une KasichDe récents sondages ont montré que John Kasich serait en effet le meilleur candidat pour battre Hillary Clinton. Le sondage conduit par la Monmouth University a révélé qu’en cas d’affrontement Clinton-Kasich pour la présidence, le candidat républicain engrangerait 45% des suffrages, contre 39% pour sa rivale démocrate. Face à l’ancienne Secrétaire d’État, John Kasich pourrait compter sur le soutien d’électeurs principalement masculins, âgés de 18 à 54 ans, d’origine caucasienne. Or, qu’il s’agisse de Ted Cruz ou de Donald Trump, aucun ne parviendrait à s’imposer face à la candidate, révèlent les sondages réalisés par Quinnipiac University et Fox News.

Mais, car il y a bien un « mais », il semble peu probable que le Parti apporte son soutien à John Kasich. Certains pontes parmi les Républicains affirment qu’à cause de son maintien dans la course, Kasich ouvre la voie à Donald Trump. Pour eux, en effet, le troisième homme empêche la bataille Trump-Cruz de vraiment s’enflammer, faisant le lit du milliardaire. C’est la raison avancée par Mitt Romney et Jeb Bush pour justifier leur soutien à Ted Cruz.

Autre reproche du Grand Old Party, celui d’être un « Républicain pour ceux qui n’aiment pas les Républicains ». Il serait beaucoup trop conventionnel pour plaire à des électeurs qui rejettent fermement l’establishment et le système politique actuel. Pire, ses opposants lui reprochent son soutien à la réforme de santé de Barack Obama, ainsi que son vote au Congrès en faveur de l’interdiction des armes d’assaut (1994).

En février dernier, il a même plaisanté de sa situation en déclarant qu’il aurait « dû se présenter aux Primaires démocrates » car il avait beaucoup plus d’amis dans ce camp politique que dans le sien.

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